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Projet de création d’une Coopérative Agricole dans le Mbadjini

jeudi 21 janvier 2010, par Mzé

Certains pensent qu’il faudrait impérativement l’intervention d’organismes internationaux et de capitaux conséquents pour assurer l’autosuffisance alimentaire des Comores.

De notre côté, nous pensons que c’est aux comoriens eux mêmes de se prendre en charge et qu’ils peuvent le faire sans attendre une intervention extérieure.

C’est pourquoi nous vous proposons aujourd’hui de lancer un nouveau projet dont l’objectif est d’assurer, à l’échelle de la région du Mbadjini, une production locale de fruits et légumes suffisante pour satisfaire les besoins de la population. Si la production est plus importante, il sera même possible de l’exporter pour la vendre sur les marchés de la capitale.

Plus en détail, quels sont les objectifs et les moyens à mettre en œuvre ?

Objectifs :

- collecter quotidiennement la production locale des petits agriculteurs et en assurer la revente sur le marché local ou à l’exportation vers les commerçants de Moroni
- louer les terres agricoles en jachère de la région, les remettre en état, les cultiver et assurer la commercialisation des récoltes au niveau local ou national
- approvisionner les agriculteurs en matériels et produits agricoles, leur vendre aussi les semences nécessaires pour démarrer de nouvelles cultures
- louer des matériels agricoles et la main d’œuvre nécessaire à ceux qui en ont besoin ponctuellement
- former les agriculteurs établis, ainsi que tous ceux qui voudraient cultiver eux mêmes leurs parcelles, aux meilleurs pratiques pour obtenir les meilleures récoltes.

Moyens nécessaires :

- une camionnette pour assurer la collecte itinérante
- un pick-up pour transporter matériels et personnes sur les parcelles cultivées en propre par la coopérative si elles sont trop éloignées
- divers matériels requis pour l’activité commerciale (balances, bacs en plastique,...)
- divers matériels requis travailler la terre (motoculteurs, débroussailleuses, tronçonneuses, pulvérisateurs, bêches, arrosoirs,...) à utiliser en propre ou à louer à la demande
- un premier stock de produits en magasin (bêches, semences, produits chimiques,...) destinés à la revente
- un local
- un « expert » en techniques agricoles pour diriger les opérations

On voit qu’il n’y a nullement besoin du PNUD pour mettre tout cela en route et qu’avec un apport financier minimum, un peu de bonne volonté peut suffire pour démarrer l’exploitation.

De plus, tout le monde est gagnant dans l’affaire :

- la région du Mbadjini : en cultivant ses terres, la région produit de la richesse sans que cela ne génère de coûts supplémentaires (les parcelles cultivables existent et sont inexploitées). Cette richesse peut être auto-consommée et génère donc une économie par rapport aux produits qui doivent être achetés en dehors de la région. Cette richesse peut également être exportée vers la capitale engendrant ainsi une entrée d’argent dans l’économie régionale.

- les villes et villages : les habitants gagnent de l’argent lorsqu’ils cultivent leurs parcelles, les autres gagnent de l’argent en travaillant pour le compte de la coopérative, les derniers (qui ne font rien) peuvent acheter des produits frais à meilleurs prix.

- les cultivateurs en activité : plutôt que de perdre du temps à vendre leurs récoltes, ils peuvent travailler leurs terres en étant assurer de vendre à un bon prix leurs produits. Si il n’ont pas la vente de toute leur récolte au niveau de leur village, ils peuvent vendre à la coopérative plutôt que de laisser pourrir une partie de leur efforts. Ils disposent d’une source d’approvisionnement locale pour acheter le matériel et les semences dont ils ont besoin...

- les « nouveaux » cultivateurs : ils peuvent apprendre comment cultiver au mieux leur parcelle et en tirer un revenu régulier là où avant cela ne leur rapportait rien.

- ceux qui ne veulent rien faire : ils peuvent louer leur parcelle à la coopérative et en tirer une rente régulière.

- les travailleurs indépendants : ils peuvent se faire embaucher chaque jour par la coopérative et toucher à la fin de la journée leur salaire. Ceux qui travaillent de manière irrégulière peuvent trouver du travail pendant leur période de chomage forcé...

Compte tenu des surfaces agricoles disponibles dans la région du Mbadjini d’un côté, et de l’autre, des besoins alimentaires au niveau national, satisfaits aujourd’hui en très grande partie par des denrées importées (riz, pâtes, conserves,...), on voit bien que les potentialités sont énormes et qu’une petite entreprise qui marche pourra vite prétendre passer à la vitesse supérieure.

La diaspora peut également être gagnante dans l’affaire en se positionnant en investisseur : au lieu de subventionner ses proches en envoyant régulièrement des enveloppes ou des mandats, mettre de l’argent dans une telle affaire peut se révéler payant à plusieurs niveaux :

- si les membres de la famille se mettent à travailler et touchent des revenus, le besoin d’apports financiers sera moins lourd à supporter par les "je-viens".

- si les parcelles familiales sont mises en location, idem...

- enfin, si la coopérative se développe et génère des bénéfices, les investisseurs toucheront des dividendes et gagneront eux aussi de l’argent au lieu d’en envoyer sans jamais aucun retour.

Tout cela n’est pas un rêve et peut devenir rapidement une réalité ! La Terre est généreuse pour ceux qui veulent bien en prendre soin et la travailler. Et il ne faut qu’un peu de sueur et de bonne volonté pour démarrer.

2 Messages

  • Projet de création d’une Coopérative Agricole dans le Mbadjini Le 21 janvier 2010 à 23:45, par Hachim Hashim

    C’est bizarre mais après lecture de votre article, je me rends compte qu’il n’y a pas un seul marchand de fruits et légumes dans la région. Certes, on trouve des fruits sur nos bords de route, c’est exotique on peut dire, mais est-ce que cela incite vraiment à l’achat ? Le marchand trouve t-il réellement son compte en vendant par-çi par-là ?

    J’espére que d’autres personnes mettront en oeuvre votre idée, pas que je veux jouer les oiseaux de mauvaises agures, mais il existe à Moroni un point de vente pour la coopérative des pêcheurs et autre point pour les agriculteurs et ces points de vente ne rencontrent pas le succès escompté.

    Cela ne veut pas dire que ce qui n’a pas marché là-bas ne marchera pas dans notre région, mais on poourrait se rapprocher des responsables des points de vente existants pour bénéficier du retour d’expérience.

    • sujet important pour la région de Mbadjini ;tout d’abord l’ancien rais Ali soilih(aout 75 à mai 78)a travaillé sur ce domaine.Notre belle région est propice à l’agriculture,le cader de simboussa et ses terres fertiles de pimba(nom de la sous-région dont simboussa est le chef lieu,sont aujourd’hui le grénier des Comores.Certes les Bananiers de tsinimoichongo et kandzilé sont aussi à l’origine de l’ouverure du grand marché de Moroni.
      Notre agriculture ne demande une coopérative à la marseillaise,juste une volonté d’aller cultiver comme je le fais chaque dimanche matin ;le comorien doit juste manger à sa faim pour ne jamais attendre un maigre salaire d’un pays qui pratique la corruption dans toute l’administration du pays(Mohéli,Anjouan et grande comore).
      Mes chers amis, nos terrains qui jadis,nourrissés nos familles sont abandonnés pour rester à la place publique du village.
      Enfin le débat d’une coopérative des agriculteurs n’est pas important dans le sens africain du terme,mais allons cultiver nos terres fertiles(bandani,cové,didjoni,kurani sima et mbudé ya mboini).